Symptomes d'alerte Limiter l’hyperglycémie et éviter l’hypoglycémie ! Le traitement du diabète repose sur cette constante recherche de l’équilibre glycémique. Mais les épisodes d’hypoglycémie, avec tous les risques qu’ils génèrent, restent encore souvent observés chez les patients diabétiques. Leur prévention est essentielle et nécessite notamment la connaissance et la reconnaissance des symptômes d’alerte par le malade et son entourage. Une tache plus difficile qu’il n’y paraît en pratique… L’hypoglycémie correspond à une diminution du taux de sucre dans le sang. Chez le sujet sain, on parle d’hypoglycémie lorsque la glycémie veineuse est inférieure à 0,50-0,55 g/L ou lorsque la glycémie capillaire est inférieure à 0,60 g/L.(1). D’un point de vue symptomatique, la baisse de glycémie est à l’origine de tremblements, d’anxiété, de nervosité, de palpitations, de sudation, de pâleur… Ces symptômes sont regroupés sous le terme de symptômes neurovégétatifs. Ils sont associés à des symptômes neuroglucopéniques, se traduisant par une confusion mentale, une difficulté de concentration et d’élocution, une ataxie, des paresthésies… Les conséquences des hypoglycémies peuvent être graves (chutes, traumatismes, accidents de vie domestique ou de voiture). Sur le long terme, les hypoglycémies à répétition augmentent le risque d’aggravation des complications du diabète (rétinopathie) et de prise de poids. En revanche, les diverses études n’ont pas montré de risque de détérioration intellectuelle.

Les hypoglycémies sont fréquentes chez les diabétiques. Mais en pratique, comment gérer cette situation ? Quels sont les risques aigus ou chroniques ? Quand faut-il se resucrer et avec quoi ? Autant de questions qui ont été abordées lors des JNP (Journées Nationales Paramédicales)en diabétologie LifeScan. Cet événement organisé par la société LifeScan pour la quinzième année consécutive permet à près de 150 paramédicaux (infirmières, diététiciennes principalement) de se former et d’échanger sur des problématiques rencontrées dans leur pratique quotidienne. Le programme de ces journées est élaboré en étroite collaboration avec la SFD (Société Francophone du Diabète) Paramédical. L’atelier relatif aux hypoglycémies, coordonné par le Professeur Emmanuel Cosson, du CHU Jean Verdier (Bondy) et dans lequel a été abordée la problématique de l’hypoglycémie dans son ensemble, a notamment soulevé le problème de la perception.
En effet, ce défaut de perception de l’hypoglycémie est le principal facteur de risque d’hypoglycémies graves et répétées (2). En cause, une absence ou une inconstance des symptômes d’alerte neurovégétatifs, entraînant un retard de resucrage et par conséquence, un risque accru d’hypoglycémie sévère. Ainsi, il est important de rappeler que le sujet diabétique ressent l’hypoglycémie plus tôt que le sujet sain. Plus précisément, ce seuil se situe entre 0,5 et 0,55 g/L chez le sujet sain tandis qu’il est de 0,70 g/L chez le diabétique. Cependant, ce seuil d’apparition des symptômes est très variable selon l’évolution du diabète. Il est notamment inférieur chez les patients diabétiques de type 1 par rapport aux diabétiques de type 2. De même, chez les patients avec une glycémie très contrôlée, les épisodes d’hypoglycémie se révèlent très souvent asymptomatiques, avec un seuil de perception souvent inférieur à 0,50 g/L. A noter que les signes d’alerte disparaissent progressivement avec l’ancienneté du diabète. Enfin, des hypoglycémies répétées peuvent être à l’origine de changements de seuil de perception.
En pratique, pour pallier cette variation de seuil de perception des symptômes d’alerte, il est extrêmement important de tenir compte des chiffres de la glycémie. Un resucrage est donc recommandé lorsque la glycémie est inférieure à 0,70 g/L et en présence de signes cliniques, lorsque la glycémie est inférieure à 0,5 g/L associée ou non à des signes cliniques. En outre, les patients présentant une rétinopathie en cours de traitement et une coronaropathie en phase aiguë, ainsi que les patients de plus de 75 ans (si la glycémie est inférieure ou égale à 2 g/L) doivent être systématiquement pris en charge (3). Il est également important de rechercher la cause d’un épisode d’hypoglycémie (alimentation mal adaptée, activité sportive, modification du traitement) afin d’éviter les récidives.
Sources : (1)An Endocrine Society Clinical Practice Guideline. J Clin Endocrinol Metab 2009;94(3):709-28. Atelier Hypoglycémie – Journées Nationales Paramédicales LifeScan 2010. (2) A Grimaldi et coll : L’hypoglycémie du patient diabétique. Alfédiam, 1997 (3) Rubrique Espace patients, sur le site de l’Alfédiam, 2002
Que faire en cas d’hypoglycémie ?
On parle d’hypoglycémie lorsque le taux de glucose dans le sang descend en dessous de 0,70 g/l – ce qui peut entraîner des malaises et pertes de connaissance.
Elle peut se manifester chez les patients sous sulfamides hypoglycémiants type Daonil®, Diamicron®, Euglucan®, ou sous insuline.
Quels sont ses signes ?
L’hypoglycémie se manifeste par une sensation de faim douloureuse, une pâleur, des tremblements, une sudation importante, des migraines, des palpitations, des vertiges, des troubles de la parole, de l’humeur (tristesse, euphorie) ou encore, plus généralement, par un comportement inhabituel... Elle survient le plus souvent lorsque les doses d’insuline ou de sulfamides hypoglycémiants sont inadaptées à la nourriture consommée, en cas d’erreur ou de changement de dosage, suite au décalage des heures de repas, à une activité physique intense et imprévue... ou à une forte consommation d’alcool. Réagir sur le champ Si la personne est consciente, elle doit arrêter toute activité et s’asseoir pour se resucrer, sans excès (cela ne fera pas remonter plus vite la glycémie). Il faut choisir des glucides d’action rapide plutôt que du chocolat ou des fruits dont l’effet hyperglycémiant est plus lent. Quinze grammes de glucides suffisent. Ils sont apportés par trois morceaux de sucre, un verre de jus de fruit ou de soda (non light), un berlingot de lait concentré sucré, une cuillère à soupe de confiture ou de miel, trois biscottes... Il faut ensuite compter 12 à 15 minutes pour récupérer. Les solutions face à un malaise :
En cas de coma, d’agitation ou de convulsions, il ne faut pas chercher à faire avaler quoi que ce soit (risque d’étouffement). Chez un patient traité par insuline, l’injection de glucagon peut être réalisée par un proche (en sous-cutané ou dans le muscle de la cuisse, voire le haut de la fesse). C’est une hormone, comme l’insuline, mais qui provoque l’effet inverse (elle est hyperglycémiante). Attention : l’injection de glucagon est contre-indiquée chez le patient sous sulfamides hypoglycémiants. Il faut dans ce cas appeler les secours pour qu’ils posent une perfusion de glucose. On peut dans tous les cas contacter les secours en composant le 15 d’un téléphone fixe ou le 112 d’un téléphone portable. Comment l’éviter ? Le diabétique doit apprendre à reconnaître les signes de l’hypoglycémie, toujours avoir sur lui de quoi se resucrer, ainsi que ses médicaments ou ses doses d’insuline. Il est vivement conseillé de vérifier régulièrement la date de péremption de son glucagon et d’entraîner ses proches à réaliser des injections en utilisant des flacons périmés... et en s’entraînant sur une orange !
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